L’Agriculture Biologique

Suite à un épisode marquant, le phylloxéra, à la fin du XIXe siècle, les vignerons ont été amené à utiliser massivement des produits de synthèse dans les vignes afin d’éviter de nouvelles maladies qui auraient pu être fatale aux vignobles français. Les produits qui étaient utilisés à l’époque, et qui sont encore autorisés dans l’agriculture conventionnelle, sont les insecticides pour combattre les insectes nuisibles, les fongicides pour combattre les champignons et les herbicides pour éliminer les herbes qui pourraient entrer en concurrence avec la vigne dans la recherche des ressources du sol.

Bien que ces produits permettent indéniablement de lutter contre l’apparition de maladies, ils ne sont pas sans conséquences pour l’écosystème environnant et pour la santé des vignerons qui les utilisent. C’est dans ce contexte que se sont développées de nouvelles façons de travailler la vigne ou plutôt un retour aux sources avec la volonté de réapprendre à travailler la terre avec le moins d’intrant possible.

Le “Bio” s’est affirmé progressivement en France à partir de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cependant, en viticulture, l’agriculture biologique tarde à s’imposer. En 1981, les pouvoirs publics reconnaissent l’agriculture biologique. En 1985, le logo AB est créé et les premiers cahiers des charges publiés. A l’échelle européenne, il faut attendre 1991 pour voir le premier texte sur les productions végétales publié. Tous ces mécanismes n’engagent que la viticulture et les vins sont dits ” issu[s] de raisins de l’agriculture biologique”. Ce n’est qu’à partir de 2012 qu’un compromis entre les pouvoirs publics est trouvé et que les vignerons peuvent utiliser le terme “vin biologique” sur leurs étiquettes [1].


Quelques chiffres pour y voir plus clair

  • En 2019, la viticulture biologique affiche une augmentation de 23% de ses surfaces contre 20% d’augmentation en 2018.
  • 14% des vignes françaises sont cultivées en bio.
  • 8000 exploitations viticoles participent à l’élaboration de vin biologique.
  • 3/4 des surfaces engagées en bio sont implantées dans 4 régions: Languedoc-Roussillon, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Rhône-Alpes et Aquitaine [2].

Selon la définition de l’Union européenne, un vin biologique est issus de l’agriculture biologique, jusqu’à là tout va bien. L’AB est une méthode de production agricole qui exclut le recours à des produits de synthèse, des OGM et limite l’emploi d’intrants. Pour pouvoir prétendre à la certification de son domaine en bio, le vigneron doit respecter un cahier des charges strict autant dans les vignes que dans le chai.

Le cahier des charges

Pour ne citer que quelques exemples :

  • L’utilisation de soufre dans les vignes pour lutter contre la maladie de l’Oïdium est autorisée;
  • La bouillie bordelaise (mélange de sulfate de cuivre et de chaux) pour lutter contre la maladie du Mildiou est autorisée;
  • Dans le chai, pour chaque type de vin une dose maximale de sulfite a été adopté;
  • Les vins doivent fermenter avec les levures indigènes, c’est-à-dire présentent naturellement sur les raisins et non avec un levurage;
  • Certaines pratiques comme la désalcoolisation partielle des vins ou encore la concentration par le froid pour enrichissement, l’électrodialyse sont interdites;
  • De nombreux additifs œnologiques ou des auxiliaires sont strictement interdits comme le tartrate de calcium, le sulfate d’ammonium, etc. [3]

La conversion

La conversion d’un vignoble en bio prend du temps, trois ans sont nécessaires pour qu’une exploitation conduite en bio puisse être autorisé à mettre le label sur ses bouteilles de vin. Dans un premier temps, le domaine doit demander des devis auprès des organismes certificateurs, informer l’administration (Agence Bio) de sa conversion en bio puis il doit signer un contrat d’engagement au respect du mode de production auprès d’un des 9 organismes certificateurs (Ecocert, CertipaqBio, Bureau Veritas, etc.). Ce n’est qu’à la suite des trois ans, et si les contrôles de l’organisme certificateur sont validés, que le label est délivré [1].

Logos du bio

Les limites de l’agriculture biologique

L’agriculture biologique est de plus en plus controversée. En effet, l’usage du cuivre sur les vignes n’est pas réglementé et il peut être utilisé de manière excessive. Beaucoup de produits œnologiques et de pratiques sont autorisés en vinification. Certaines pratiques ne sont pas imposées, mais généralisées: le travail du sol, les vendanges manuelles, l’enherbement des rangs. Toutes ces pratiques, qui permettent de respecter d’avantage l’environnement, sont réalisées selon le bon vouloir des vignerons et leurs moyens. C’est pourquoi, au sein même du label AB, on peut retrouver des vignerons respectant strictement le cahier des charges et d’autre beaucoup plus impliqués qui vont essayer de limiter un maximum les intrants, même autorisés par le label, et privilégier la pratique artisanale.

D’autres labels existent et chaque consommateur peut trouver celui qui correspond le plus à ses attentes.

Bibliographie

[1] Le Guide Hachette des vins Bio, 2019.

[2] AgenceBio, 2020.

[3] Institut Français de la vigne et du vin Occitanie, 2020.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *