La Bourgogne

Le territoire viticole de Bourgogne s’étend sur 230 km. Ceci représente une surface de 20395 hectares de vignes ce qui correspond à 4% des vignobles français. Il est composé de 16 coopératives, 268 maisons de négoce, 3659 domaines viticoles (rien que ça) et génère 7% des emplois en Bourgogne Franche-Comté. Le grand nombre de vignoble en Bourgogne Franche-Comté s’explique par la taille relativement petite des exploitations. En effet, sur ce territoire, la taille moyenne des domaines est de 6,51 hectares [1].

La Bourgogne est la région viticole la plus connue avec Bordeaux sur le plan international. En effet, une bouteille sur deux produite sur ce territoire, sont vendues à l’export avec comme principale acheteur les Etats-Unis qui achète 20% des vins de bourguignons exportés suivis de très près par l’Angleterre et en troisième place le Japon [1].

C’est une région très diversifiée composée de cinq sous régions qui s’étendent d’Auxerre à Mâcon. Cette région viticole représente 23% du vignoble français d’appellation d’origine contrôlée (AOC). Les sous-régions de la Bourgogne sont représentées sur la figure suivante:


Figure 1: les sous-régions de la Bourgogne


Ses régions ont toutes leurs caractéristiques et fournissent des vins propres au sol dans laquelle la vigne a grandi et des microclimats locaux.

Chablis représente 1/6ème de la production totale de la Bourgogne, cette région ne produit que du vin blanc provenant du Chardonnay.

La Côte-de-Nuits produit majoritairement des vins rouges issus du pinot noir. On retrouve également un peu de Gamay pour les vins rouges, de l’aligoté et du Chardonnay pour les vins blancs. C’est en Côte-de-Nuits que se trouvent les vins rouges d’une grande qualité dû à la latitude élevée de certaines parcelles.

La Côte de Beaune se distingue des autres sous-régions en produisant des vins blancs secs d’exception aux arômes complexes qui sont une conséquence de la nature des parcelles, composées majoritairement de calcaires marneux et de marnes.

En Côte Chalonnaise le sol est argilo-calcaire, il fournit également des vins d’excellente qualité aussi bien blancs que rouges.

Enfin la réputation du Mâconnais se base sur ses vins blancs produits à partir de 80% de Chardonnay, la diversité des terroirs en partie dû au morcellement des parcelles donne aux vins blancs toute leur richesse [2].

La production moyenne de ce territoire de bourgogne est de 1,41 million d’hectolitres en 2018 ce qui correspond à l’échelle nationale à 4,1% de la production français. La Bourgogne est connue pour ses vins rouges d’exception mais elle produit majoritairement du Blanc à 59% suivi du Rouge et rosé à 30% et enfin du Crémant de Bourgogne à 11% [1].

En Bourgogne, il y a une prédominance de deux cépages : le pinot noir pour les vins rouges qui se retrouve à 41% dans les vignobles bourguignons et le chardonnay pour le vin blanc à 50%, il est également possible de trouver de l’aligoté (6% de la production) utilisé uniquement pour le vin portant le même nom ainsi que du Gamay dans le Mâconnais [1].

La Bourgogne se distingue des autres régions par la présence de climat du vignoble de Bourgogne inscrits au patrimoine de l’UNESCO depuis le 4 juillet 2015. C’est un terme très spécifique car il représente uniquement la région bourguignonne et exprime le terroir viticole. Un climat se définit par une parcelle de vigne, il en existe plus de 1000 et chaque climat possède son propre nom, sa propre histoire et fourni un vin au goût distinct [3]. Deux vins provenant de climats voisins seront totalement différents et c’est là toute la force de la Bourgogne qui époustoufle les amateurs du monde entier.

La Bourgogne possède peut-être les bouteilles les plus convoitées et les plus chères de la planète ce qui confirme sa renommée dans le monde viticole. En effet le volume de production étant faible en Bourgogne, les domaines ont basé leur économie sur la production de vins de luxe [4].

Avant la création de la loi sur les Appellations en 1919, les négociants se chargeaient eux même du contrôle de la commercialisation et de la qualité du vin. Les noms villages ou de cru qui caractérisent les vins n’étaient pas forcément liés au terroir mais sur des standards de qualité. Par exemple, un vin ayant les mêmes caractéristiques que Pommard mais ne se situant pas à Pommard pouvait être tout de même labellisé Pommard.

Ce n’est qu’à partir de 1919 qu’un système singulier d’appellation se basant sur la notion de terroir a été créé en Bourgogne afin de limiter la surproduction et les fraudes [4]. C’est le sol qui donne le nom au vin et non pas le cépage comme c’est le cas en Alsace ou encore le château dans le Bordelais.

En Bourgogne on ne trouve pas moins de 84 Appellation d’Origine Contrôlée (AOC). C’est une certification qui permet de confirmer le terroir d’origine, le mode de production et le savoir-faire auprès du consommateur [5].

Il existe 7 Appellations Régionales en Bourgogne dont Bourgogne Aligoté, Mâcon Villages et le Crémant de Bourgogne [3].

Les 44 Appellations communales, aussi appelées Appellation Villages, se distinguent des appellations Régionales par la présence du nom du village sur l’étiquette, par exemple Beaune, Saint-Romain ou encore Savigny les Beaune [3].

Pour qu’un climat ait l’appellation Premier Cru, il doit fournir des vins d’une qualité constante. L’étiquette doit contenir “Appellation 1er Cru Contrôlée suivi du nom de la commune et souvent du nom du climat dont il provient. Beaune 1er Cru “Les Marconnets”, Pommard 1er Cru “Les Rugiens” ou encore Sautenay 1er Cru “La Comme” sont des exemples de parcelle ayant l’appellation 1er Cru. Il existe 562 dénominations « Premier cru » en Bourgogne [3].

Enfin l’appellation Grand Cru est destiné pour les vins les plus prestigieux et les plus rares provenant des vignes des parcelles les plus réputées de Bourgogne. En Bourgogne il existe 33 Grands Crus dont Corton, Montrachet, Bienvenues-Bâtard-Montrachet ou encore le Clos du Tart. La plus connue des appellations Grands Crus est sans contexte La Romanée-Conti, qui ne peut être acquise que par une poignée de privilégiés, ce qui n’a rien d’étonnant vu la faible production, à peine 5980 bouteilles par an en moyenne [5].

Références:

[1] Bureau Interprofessionnel des Vins de Bourgogne, 2018. . Chiffres clés de la Bourgogne Viticole, Vins Bourgogne [en ligne]. Disponible sur : https://urlz.fr/e2ue

[2] Lefigaro.fr, 2011. Vin: Région Bourgogne [en ligne]. Disponible sur: https://avis-vin.lefigaro.fr/connaitre-deguster/tout-savoir-sur-le-vin/guide-des-regions-et-des-appellations/bourgogne

[3] Office de Tourisme Beaune et Pays Beaunois. Appellations des vins de Bourgogne : Guide des vins de Bourgogne [en ligne]. Disponible sur: https://www.beaune-tourisme.fr/decouvrir/les-vins-de-bourgogne/les-vignobles-de-bourgogne/appellations-des-vins-de-bourgogne

[4] Laferté, 2003. La mise en folklore des vins de Bourgogne : la “Paulée” de Meursault, Ethnologie française, volume 33, n°3, pp.435-442.

[5] Vins de Bourgogne, 2018. Vins de Bourgogne : décodez les AOC [en ligne]. Disponible sur: https://www.vins-bourgogne.fr/nos-vins-nos-terroirs/nos-aoc-decodees/vins-de-bourgogne-decodez-les-aoc,2384,9180.html

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *